La Flottille 32F reçoit le trophée GILBAUD

 

 

26 août 2011. L'équipage d'alerte de la Flottille 32 F - indicatif « Rescue Belligou Alpha » - se tient paré à toute éventualité. La météo ne l'avait pas prévu, mais les conditions au sud de la pointe Bretagne se détériorent considérablement. A 160 nautiques de la côte, le voilier « Moana » vient de perdre l'usage du gréement et connaît des problèmes de barre et de voie d'eau. Le voilier est battu par une mer 6, sous un vent de 35 nœuds, avec des rafales montant à 55-60 nœuds. A bord, cinq personnes dont un enfant de quatre ans. L'équipage est expérimenté, rompu aux conditions difficiles. Cependant, afin d'assurer la sécurité du benjamin de l'équipage, le skipper décide de faire appel aux bâtiments proches du voilier pour l'évacuer avec sa mère et affronter les difficultés que connaît le voilier avec plus d'aisance. Cet appel est entendu par un bateau espagnol, mais les communications ne sont pas simples en raison des barrières de la langue. En parallèle, cet appel est entendu par le CROSS Etel. Le Falcon 50 présent sur zone sert de relais et peut informer le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la situation en cours. Déclenché par le CROSS Etel, l'équipage « Rescue Belligou Alpha » décolle en fin de journée. Composé du CF Stanislas-Xavier Azzis, commandant d'aéronef, de l'EV1 Damien Floch, pilote, du PMS Sébastien Richard, mécanicien de bord treuilliste et du PMS Guy Magro, plongeur hélicoptère, l'équipage va devoir faire preuve de qualités exceptionnelles pour réaliser ce sauvetage particulièrement périlleux.Après 1h05 de vol, l'EC225 rallie le voilier qui se trouve au centre du golfe de Gascogne et se met en vol stationnaire dans des conditions délicates juste au dessus du bateau. « Depuis le bord, nous avions pu échanger avec le Falcon qui relayait vers l'hélicoptère. Ils ont pu nous transmettre le cap et la vitesse à tenir et nous avons pu tout préparer avant leur arrivée, dans la mesure de nos possibilités techniques », précise Gaëtan Yavorsky, le skipper. Dans ces conditions dantesques, la route et la vitesse du voilier sont rendues erratiques. De ce fait, la dépose du plongeur est malaisée à cause de l'étroitesse du bateau et elle est rendue dangereuse par le balancement, juste sous la cellule de l'hélicoptère, du mat d'une hauteur de quatre-vingt pieds. Après concertation avec son équipage, le commandant d'aéronef décide d'effectuer l'évacuation des naufragés un par un dans l'annexe du voilier. « Le skipper est resté à la barre et j'ai effectué des va et vient avec l'annexe à l'arrière du voilier en emportant à chaque fois l'un des équipiers », commente le PM Guy Magro, plongeur. « La mère est partie en double avec son fils et nous avons terminé les treuillages par le skipper. Le but était de nous éloigner du mat et des haubans qui rendaient toute intervention directe sur le voilier trop dangereuse pour le treuillage ». Cette opération, complexe et délicate dans de telles conditions de mer, nécessite un engagement total. Heureusement, les conditions météorologiques « s'améliorent » petit à petit, et les pointes de vent n'atteignent « plus que » 40 nœuds durant l'intervention. « On ne s'est jamais vraiment sentis réellement en danger », ajoute Gaëtan. « Nous avons suivi toutes les consignes, eux sont pros, c'est leur métier et nous le sommes aussi. Cela a facilité l'évacuation ». Alors que les mouvements du bateau en roulis et tangage sont amples et anarchiques, l'équipage parvient avec combativité à évacuer les cinq membres d'équipage au terme d'une heure de treuillage particulièrement éprouvante. Pour sa première opération d'une telle envergure, le PM Sébastien Richard, treuilliste, a été servi. « Au cœur de l'action, nous mettons en œuvre des techniques maintes fois répétées. La satisfaction du devoir accompli ne vient qu'une fois le dernier rescapé et le plongeur à bord ».

Pour le CF Stanislas-Xavier Azzis, qui commandait l'aéronef, « l'esprit de cohésion d'un équipage n'est jamais une inquiétude, car tous les marins et ceux de la 32F en particulier - quels que soient le grade ou la fonction - ont le sens de la mission. Et plus particulièrement encore lorsqu'ils savent que des vies sont en jeu ». Ce jour tempêtueux de la fin août, les naufragés ont tous été ramenés sains et saufs sur la base aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic où ils ont été pris en charge par les services de la base.

Le 15 juin 2012, l'équipage de la Flottille 32 F a reçu le trophée Guilbaud pour cette action de sauvetage. Ce trophée remis à Caudebec-en-Caux (76) récompense chaque année un équipage de l'aéronautique navale s'étant distingué au cours d'une opération de secours maritime.
Pas d'auto-satisfaction à la 32F. Son commandant cite juste la solidarité internationale des gens de mer et les valeurs universelles et intemporelles des marins. Le mot de la fin appartient au skipper « L'équipage et la flottille méritent vraiment ce prix pour leur professionnalisme, leur gentillesse et la disponibilité qu'ils ont manifestée à la fois pendant et après le sauvetage ».
http://jdb.marine.defense.gouv.fr/guilbaud/index.html
http://jdb.marine.defense.gouv.fr/guilbaud/index.html
guilbaud